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09.08.2008

SANCHEZ ETAIT UN VRAI CLIENT !

L'Espagnol Samuel Sanchez vient de remporter le titre olympique en dominant un petit groupe d'échappés. L'Italien Davide Rebellin et le Suisse Fabian Cancellara complètent le podium. Retour sur une course passionnante.

 

Comme on pouvait le prévoir, deux coureurs quasi inconnus ont obtenu un bon de sortie dès le départ. De toute manière, ces coureurs là n’étaient même pas pris en compte par le peloton. La preuve, le peloton leur a laissé plus de 14 minutes d’avance et les deux hommes ont fini par céder d’eux-mêmes. Néanmoins, le Bolivien et le Chilien ont pu mener la course durant quelque temps et ainsi porter haut les couleurs de leur pays. C’est aussi ça les Jeux.

 

Par contre, quand le groupe de 25 est parti, on a vu des coureurs comme Paolo Bettini être beaucoup moins sereins au sein du peloton. Il faut dire que la course des Jeux Olympiques est particulière puisqu’il n’y a que 5 coureurs au maximum par équipe. Les grandes équipes peuvent donc moins facilement avoir la main mise sur la course. En plus, il y avait des « clients » à l’avant comme Kreuziger, Sastre, Kirchen, Bruseghin ou Voigt. La présence de ce dernier dans le bon coup pouvait laisser espérer une issue favorable aux fuyards car l’on sait que les échappées auxquelles il participe vont souvent assez loin.

 

On a également pu voir dans ce groupe, des nations moins connues mais présentes en nombre comme les Croates ou les Tchèques. Malheureusement, une mésentente en tête de course a fait que l’Italien Vincenzo Nibali aidé par les Américains et les Russes, deux nations non représentées à l’avant, ont réussi à faire revenir assez facilement le peloton sur le groupe d’échappés. Le groupe de tête était, à mon avis, un petit peu trop consistant pour que l’entente soit parfaite. Ainsi, on a notamment vu l’Australien Simon Gerrans un peu fébrile ou encore le Belge Jurgen Van den Broeck et le Brésilien Murilo Fischer pester contre les autres pour obtenir des relais. C’est dommage car les 25 hommes avaient pris 5 minutes de marge sur le peloton et que ce genre d’échappée est très dangereuse sur ce type de circuit. La course aurait donc pu basculer.

 

Après, sur le fait que les Italiens se soient mis à rouler derrière Bruseghin, je pense que c’était normal. Les consignes de course étaient sans doute accès sur Bettini et Rebellin ; bien qu’étant de très bons coureurs, Pellizotti, Nibali et Bruseghin avaient clairement un rôle d’équipier. Mais ce n’est pas toujours évident d’articuler 5 coureurs autour d’un ou deux leaders. D’ailleurs, j’ai trouvé les Espagnols meilleurs à ce jeu là. Alberto Contador et Carlos Sastre, les deux derniers vainqueurs du Tour de France (!), n’ont ainsi pas hésité à se mettre au service d’Oscar Freire, de Samuel Sanchez et d’Alejandro Valverde. Et ils ont été récompensés par la victoire de celui que l’on attendait pas forcément, Sanchez. D’ailleurs, on a bien vu que Bettini était mécontent en passant la ligne d’arrivée. On peut donc imaginer que  Rebellin n’a peut-être pas assez joué, au goût du champion du monde,  le jeu d’équipe dans le final en roulant avec Sanchez et Andy Schleck. Cela coûte peut-être la médaille d’or à l’Italie mais ça, on ne le saura jamais…

 

A entendre certains commentateurs, on aurait crû que le septième du dernier Tour de France était un véritable vainqueur surprise. Mais Sanchez était pour moi un vrai client, dès le départ ! Si mes souvenirs sont bons, en 2006, l’Espagnol a failli devenir champion du monde. Il était sorti dans le final avec un petit groupe et n’était pas passé loin de la consécration. Après, c’est sûr que l’on s’attendait plus à ce que Rebellin domine ce dernier petit groupe de 6 unités. L’Italien est en effet un habitué de ce genre de configuration. Mais l’arrivée n’était peut-être pas encore assez dure pour lui. En tout cas, le parcours, même s’il ne semblait pas trop difficile, a vraiment fini par fatiguer les organismes puisque la victoire s’est jouée avec un groupe restreint de coureurs. Ensuite, il ne faut pas oublier que la chaleur et surtout l’important taux d’humidité ont également joué un rôle considérable sur le déroulement de l’épreuve.

 

Du côté des Français, on a vu Rémi Pauriol dans la bonne échappée, ce qui a prouvé que le clan tricolore était vigilant contrairement à d’autres nations (USA, Russie…) qui se sont faites piéger. En plus, la nouvelle recrue de l’équipe Cofidis a mis un point d’honneur à terminer la course (31eme). Je pense que l’on pourra compter sur lui dans les années à venir. Il a l’air vraiment costaud. En ce qui concerne Jérôme Pineau, il est présent à sa place et il a fait ce qu’on lui avait demandé, c’est-à-dire suivre les meilleurs le plus longtemps possible. Pour le moment, en France, nous n’avons pas de spécialistes de ce type de courses. On peut toujours espérer faire un podium mais nous n’avons pas de Bettini ou de Valverde dans le peloton tricolore. Aucun coureur Français n’est capable de tenir la distance et d’avoir une bonne pointe de vitesse. Jérôme Pineau est un excellent coureur, que l’on a pu voir à son aise lors des classiques printanières, mais on sait que pour la gagne, ça va être un peu plus difficile pour lui. Ainsi, notre sélection tricolore comptait des coureurs capables de se glisser dans les coups mais pas de disputer la victoire au sprint.

 

Demain, ce sera au tour des femmes et je pense que Jeannie Longo, malgré son « grand » âge, aura ses chances. En effet, j’ai suivi sa préparation et celle-ci me semble être des plus pointue. Elle a notamment effectué pas mal de stages en altitude, qui sont un type de préparation excellent pour les Jeux Olympiques. Après, le niveau est très relevé et il faudra surveiller la Britannique Nicole Cooke, les Allemandes avec Judith Arndt ou encore les Italiennes qui savent bien courir. Mais bon, les équipes ne comptent que trois filles au maximum et il sera donc difficile pour l’une d’entre elles de cadenasser la course.

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Commentaires

Dire que Sanchez méritait cette médaille est beaucoup dire. Il y en a quelques autres aussi. Mais je suis très heureux pour lui car c'est un attaquant, qui n'a pas toujours pu conclure. Pour moi, il est en progression depuis quelques années. Sa 7eme place au classement général du Tour le prouve. Cela ne peut qu'encourager les puncheurs à persévérer puisqu'un jour, ça paye.

Bravo SANCHEZ, bravo l'Espagne qui devient un pays de cyclisme à la hauteur des pays de tradition d'antan.

Ecrit par : jean pierre sanchez | 14.09.2008

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