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19.08.2008

UNE MÉDAILLE MÉRITÉE POUR BOURGAIN

En demi-finale, Mickaël Bourgain a été incapable d’inquiéter Chris Hoy. Dans la première manche, il fait le sprint à fond sans parvenir à remonter le Britannique. Mais cela peut se comprendre tant Hoy est sur une autre planète en ce moment. Lors de la deuxième manche, je pense que, malgré le fait que le Français ait été distancé, il a joué le truc à fond même s’il dit qu’il a préféré se préserver pour la petite finale. Hoy était simplement plus fort.

 

Ensuite, lors de sa petite finale face à Maximilian Levy, Mickaël partait favori car l’Allemand est un coureur jeune (21 ans) que l’on ne connaît pas encore très bien.  Et il a parfaitement réussi à assumer ce statut même s’il s’est fait peur. Il a très bien manœuvré dans la première manche avant de se faire avoir, un peu bêtement, dans la seconde. Mickaël a ensuite dominé son sujet dans la belle en manoeuvrant superbement son adversaire pour s’offrir une médaille de bronze méritée. Cette breloque est aussi un lot de consolation pour lui alors qu’il n’a pu recevoir la médaille d’argent de la vitesse par équipes, n’ayant couru que la demi-finale. Après, il doit être un peu déçu de ne pas avoir eu l’or mais les Britanniques étaient hors d’atteinte.

 

En ce qui concerne la course à l’Américaine, la victoire de la paire argentine n’est pas une surprise contrairement à ce que l’on entend dire à droite et à gauche. Les frères Curuchet étaient redoutables à mon époque et même si le plus vieux a pris sa retraite, Juan Esteban est encore sur le circuit malgré ses 43 ans. Désormais associé au jeune Perez, le cadet des Curuchet a été au rendez-vous. Les Argentins, spécialistes de la course aux points et de l’américaine, ont fait une belle course tactique en réussissant à reprendre un tour au peloton, chose que seuls les Espagnols et les Russes ont également réussi à faire. Llaneras et Tauler sont aussi des spécialites de ce genre d’épreuves sur piste contrairement à Igniatiev et Markov, qui sont juste de bons rouleurs.

 

Personnellement, j’ai eu l’impression que beaucoup d’équipes calquaient leur course sur la paire anglaise ce qui n’était pas la meilleure solution selon moi. Je pense qu’il fallait bouger avant eux, ce qu’on d’ailleurs fait les trois équipes qui sont parvenues à prendre un tour au peloton. Du côté des Français, Matthieu Ladagnous et Jérôme Neuville ont réalisé une belle performance. Ils ont tout le temps été dans le coup. Par rapport à ce que les trois premières équipes ont fait, ils avaient des chances de monter sur le podium mais ils ont eu un seul bon de sortie qu’ils n’ont pas réussi à emmener au bout. Le dernier sprint de la course, remporté par Jérôme Neuville pour l’honneur, témoigne d’un bel état d’esprit de nos deux Français. Quant aux Britanniques, une fois n’est pas coutume, ils n’ont pas brillé. Il faut dire qu’ils étaient particulièrement marqués. Je pense qu’ils ont adopté une bonne tactique en essayant de ne disputer que les sprints. Mais cela n’a pas suffi.

 

C’est sur ce dernier sprint gagné que Jérôme Neuville a terminé sa belle carrière ponctuée de trois titres mondiaux (deux à l’américaine et un au scratch). Pour lui succéder, je pense que Saïd Haddou, s’il revient à la piste, peut-être un futur grand dans cette discipline. Riblon pourrait aussi prendre place aux côtés de Matthieu Ladagnous. Pour ce qui est des très jeunes espoirs, je n’ai pas trop de noms à vous donner car la course à l’américaine demande beaucoup d’expérience. Mais si je ne devais en citer qu’un, je dirais Damien Gaudin qui me fait penser un peu à Francis Moreau. Mais il lui faudrait un coéquipier complémentaire.

16:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

16.08.2008

LE KEIRIN CONFIRME LA DOMINATION BRITANNIQUE

En ce qui concerne le Keirin, Arnaud Tournant a atteint la finale, ce qui est déjà pas mal même s’il n’a pris que la sixième et dernière place. Peut-être que le passage par le repêchage lui a fait perdre un peu d’énergie même si je pense qu’à leur niveau, ils ont l’habitude de gérer tout cela. En plus, il ne faut pas oublier que dans ce genre de courses, il y a aussi un aspect tactique et que c’est une épreuve où tout peut se passer en finale. Sa stratégie n’a pas souri aujourd’hui mais aurait pu l’être à un autre moment. De son côté, Grégory Baugé s’est fait sortir en demi-finale avant de remporter la petite finale et de prendre le septième place de cette compétition, ce qui prouve qu’il était au niveau pour faire quelque chose s’il avait pu aller en finale. Je pense que la déception doit-être grande dans le clan tricolore.

 

Les Anglais ont une nouvelle fois tout raflé, en se permettant même le luxe de faire le doublé, Edgar venant prendre la deuxième place derrière l’intouchable Chris Hoy. Quant à Bradley Wiggins en poursuite individuelle, il a conservé son titre décroché à Athènes en dominant en finale le Néo-Zélandais Rolston. La troisième place est revenue à un autre Anglais en la personne du jeune Burke qui montre que le contingent britannique travaille sur le long terme et sait conjuguer jeunesse et expérience. Je pense d’ailleurs que la domination des insulaires va continuer durant tout le reste de la compétition. Il faudra, je pense, dans le futur copier ce modèle anglais qui fonctionne à merveille.

 

Demain, Mickaël Bourgain et Kévin Sireau tenteront leur chance sur l’épreuve de vitesse individuelle et peuvent espérer une médaille même si Mickaël ne m’a pas fait bonne impression lors de la vitesse par équipes. Cela va être très dur pour notre équipe de poursuite ainsi que pour Clara Sanchez sur l’épreuve de vitesse Femmes. Mais bon, il faut garder espoir.

18:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

RIBLON EST PASSE COMPLETEMENT A COTE

Christophe Riblon termine 21eme et dernier de la course aux points ce qui est plus que surprenant alors qu’il est vice-champion du monde de la discipline ! Il faudra voir comment il explique cette déconvenue car je ne crois pas qu’il ait été victime d’un accident lors de la course. Je pense qu’il n’était juste pas au niveau d’une finale olympique. Il a peut-être également payé l’effort fourni à un moment, lorsqu’il a fait quatrième d’un sprint et qu’il a tenté de poursuivre son effort sans succès, le futur champion olympique Llaneras étant allé le chercher. Le Tour de France a également sans doute énormément sollicité Christophe Riblon et l’on peut que, comme pour Fabien Sanchez, remettre en cause la préparation olympique du Français.

 

Juan Llaneras a été monstrueux. Il a dominé la course de la tête et des épaules pour s’adjuger son deuxième titre olympique après celui de 2000. Il a tout de même réussi à passer en tête de deux sprints avant de reprendre deux tours au peloton avec une facilité déconcertante. L’Espagnol a touché à la perfection à Pékin.  L’Allemand Kluge est la surprise de ce podium car on ne l’attendait pas forcément à ce niveau au contraire du Britannique Newton, troisième ce samedi, qui était un vrai client. Ce dernier, champion du monde de la spécialité en 2002 à Copenhague, risque même d’être intégré à l’équipe de poursuite de la Grande-Bretagne. Autant vous dire qu’il va y avoir du record du monde dans l’air !

16:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

15.08.2008

IL N’Y AVAIT RIEN A FAIRE FACE AUX ANGLAIS

Il n’y a pas eu besoin de la photo finish entre l’équipe de vitesse britannique et la formation tricolore. Le staff des Bleus a pourtant essayé de trouver une solution pour battre les Anglais en faisant rentrer Mickaël Bourgain lors de la demi-finale. Cette manoeuvre comportait une petite prise de risque mais avait l’avantage d’être intéressante. Finalement, le trio Baugé-Sireau-Bourgain a réalisé un moins bon temps que lors des qualifications. D’ailleurs, on a pu voir Arnaud Tournant, écarté lors de cette deuxième manche au profit de Bourgain, serrer le point en voyant que ses équipiers avaient fait moins bien que lorsqu’il était dans l’équipe.

 

En final, malgré le fait que Chris Hoy ait été légèrement décroché par ses équipiers, les Britanniques n’ont laissé aucune chance aux Français. En remportant la vitesse par équipe, les Anglais se sont également positionnés comme les grands favoris de la vitesse individuelle. Mais cela paraît logique lorsque l’on voit tous les moyens qu’ils ont mis en œuvre pour y parvenir. La Grande-Bretagne s’est dotée de vélodromes flambants neufs. Ils ont également créé une équipe continentale professionnelle afin que leurs coureurs soient rémunérés et ne se concentrent que sur l’objectif olympique. Je pense que ce système devrait être à copier en France si l’on veut pouvoir concurrencer les sujets de la Reine. La formation Bouygues Telecom est en train de monter une petite équipe de pistards qui vont disputer prochainement deux manches de Coupe du Monde et c’est une bonne chose.

 

Demain, je pense que Christophe Riblon a ses chances sur la course aux points dont il est le vice-champion du monde. Mais il n’a pas suivi de préparation vraiment spécifique comme il a disputé le Tour de France. On verra donc si cela lui est ou non favorable.

21:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

LE GACHIS SANCHEZ

Fabien Sanchez vient de prendre la 15eme place de l’épreuve de poursuite individuelle alors qu’il avait terminé 6eme à Athènes. Plus que ce résultat décevant, c’est la régression qu’il a connu sur quatre ans qui est inquiétante. En Grèce, si mes souvenirs sont bons, l’ancien coureur de la Française des Jeux avait réalisé un temps de 4’21’’. A Pékin, il a mis 4’33’’ pour parcourir les 4 kilomètres de cette épreuve, soit 12 secondes de plus ! On peut donc être déçu de sa performance et surtout s’interroger sur la qualité de sa préparation olympique.

 

Dès la sélection de cet athlète, des interrogations se posent. En effet, lors des derniers championnats de France de la discipline, c’est Damien Monier (Cofidis) qui s’est imposé en finale face à Maxime Bouet (Agritubel). Or, aucun de ces deux coureurs n’est à Pékin ! Monier avait notamment relégué tous ses adversaires à plus de 5 secondes ! Mais ce coureur n’est pas très bon techniquement et ne sait pas rouler en poursuite par équipes. Et rien n’a malheureusement été fait pour que cela change alors qu’il sait rouler super vite. Je pense que les entraîneurs ont vraiment sous-estimé les qualités du coureur de la Cofidis. A un mois et demi des J.O., nos présélectionnés olympique ont terminé 3eme et 4eme du championnat de France de poursuite individuelle ! Fabien Sanchez était en ballotage avec Damien Gaudin (Bouygues Telecom) pour la troisième place et l’a emporté.

 

Cela pose tout de même la question de la préparation olympique de ces deux coureurs. On sait notamment qu’ils n’ont pas bénéficié de stage en altitude. On ne se donne donc pas les moyens d’aller chercher une belle performance alors que nous possédons des athlètes de qualité. La contre-performance de Fabien Sanchez n’est donc pas étonnante. D’autant qu’il n’avait pas une situation professionnelle fiable. Il est en effet au chômage depuis deux ans et ne vit que grâce à la bourse de sportif de haut-niveau dont il bénéficie jusqu’à la fin de l’année. Il a d’ailleurs décidé d’arrêter sa carrière professionnelle à l’issue de ces Jeux alors qu’il n’a que 25 ans. C’est un « beau » gâchis…

 

Pour ce qui est des étrangers, les éliminations de l’Australien Bradley McGee et de l’Espagnol Escobar ne sont pas vraiment des surprises car ils sont sur le déclin. Une page se tourne dans cette discipline où l’effort est plus facile lorsque l’on est assez jeune. McGee est sur la pente descendante depuis un petit moment . Il faut dire qu’il a beaucoup roulé chez les jeunes (entre 30 000 et 35 000 km par an !) et qu’il doit donc être un peu émoussé. Quant à Bradley Wiggins, il a réalisé le meilleur temps des qualifications avec un nouveau record olympique à la clé. Tenant du titre, le Britannique est un exemple pour tout le monde : il est très bien posé sur sa machine et sait se mettre « minable » lors des entraînements. En plus, Wiggins en a sans doute gardé un peu sous la pédale.

19:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

14.08.2008

LOGIQUE RESPECTEE SUR LE CLM

Kristin Armstrong ne semblait pas être au mieux lors de la course en ligne mais l’on peut penser qu’elle a préféré laisser filer pour conserver toutes ses chances sur le chrono. Et elle a eu raison. La rouleuse américaine a relégué facilement la Britannique Emma Pooley, invitée surprise de ce podium, à près de 25 secondes. La Grande-Bretagne est une nation très intéressante qui a effectué un gros travail de développement tant au niveau de la piste que de la route. La double championne du monde de la spécialité en 2004 et 2005, la Suissesse Thuring , prend logiquement la troisième place comme il y a quatre ans à Athènes. Jeannie Longo-Ciprelli échoue dans sa quête de podium pour deux petites secondes. Cela doit-être une grosse déception pour la Française d’autant que l’écart est vraiment minime. Je pense que les conditions climatiques ne lui ont pas été favorables. L’Allemande Judith Arndt a terminé à une très moyenne sixième place. Quant à Maryline Salvetat, elle est malheureusement passée totalement à côté de sa dernière échéance olympique.

 

Chez les hommes, la logique a été respectée, tout du moins pour la première place. Le parcours n’était pourtant pas destiné aux purs spécialistes du contre-la-montre. En effet, il n’y avait pas un mètre de plat et l’on a souvent vu les coureurs avoir besoin de relancer et se mettre en danseuse. Ils avaient donc rarement les mains sur le guidon « triathlète ». Toutefois, si le parcours était vallonné, les pentes n’étaient pas très prononcées comme le prouve le matériel utilisé par les concurrents (roue à bâtons à l’avant, roue lenticulaire à l’arrière ce qui signifie qu’il n’y avait pratiquement pas de vent).

 

On attendait une belle bataille entre Fabian Cancellara et Stefan Schumacher mais elle n’a pas eu lieu. Le Suisse a rattrapé l’Allemand, pourtant parti 1 minute 30 avant lui, aux alentours du vingtième kilomètre ! Le double champion du monde de l’exercice solitaire a véritablement fait parler sa puissance pour l’emporter avec 33 secondes d’avance sur son dauphin et coéquipier à la CSC , le Suédois Gustav Larsson. Alors qu’il était en retard de six secondes sur le meilleur temps au dernier intermédiaire, Cancellara a repris du temps dans la dernière partie du parcours qui était majoritairement constituée de faux plats descendants. Ce titre olympique vient compléter une saison déjà riche de victoires (Milan-San Remo, Tirreno-Adriatico, etc.). Et même s’il n’a pas gagné sur les routes du Tour, il ne faut pas oublier l’énorme travail d’équipier modèle qu’il a fourni pour le compte de Carlos Sastre et des frères Schleck.

 

La présence de Gustav Larsson sur la deuxième marche du podium n’est pas une surprise car l’ancien coureur de la Française des Jeux est un bon spécialiste de cette épreuve et avait fait de ce chrono olympique l’objectif de sa saison. L’excellent rouleur américain, Levi Leipheimer complète logiquement ce podium. Alberto Contador doit être déçu d’échouer au pied du podium alors qu’il avait réalisé une grosse performance sur les portions montantes du circuit. Il a d’ailleurs rattrapé assez rapidement le Néerlandais Stef Clement mais n’est jamais parvenu à le décrocher ensuite et cela l’a peut-être déconcentré. Cinquième, Cadel Evans est à sa place pour un coureur de Grand Tour tandis que Samuel Sanchez confirme sa bonne forme du moment en prenant la sixième position.

 

Vendredi, c’est le début des épreuves sur piste avec l’entrée en lice de Fabien Sanchez sur la poursuite individuelle et de l’équipe de France de vitesse Hommes. Sixième de la poursuite à Athènes alors qu’il n’avait que 21 ans, Fabien Sanchez semblait avoir un bel avenir devant lui. Mais il a stagné et ne part donc pas favori. Il peut néanmoins créer la surprise même si ce sera très dur face à de gros clients. Par contre, les Français sont favoris de la vitesse par équipes car ce sont les champions du monde en titre. Ils ont décroché le bronze à Athènes mais peuvent faire mieux à Pékin. Ils ont toutes les chances d’atterrir en finale même si pour y arriver, il faudra être concentré au bon moment. Le mix qui existe entre les jeunes (Baugé) et les coureurs expérimentés (Tournant) au sein de cette équipe de France de vitesse est, je pense, une vraie force. Ça va « le faire ».

20:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

10.08.2008

LONGO PARTAIT QUASIMENT PERDANTE

En étant incapable de frotter au sein du peloton, Jeannie Longo-Ciprelli a perdu beaucoup de force en roulant devant le peloton puis deux mètres derrière celui-ci. De plus, elle n’a plus la « giclette » d’antan et n’a pu faire la différence à la pédale. Elle ne pouvait donc, avec ces conditions météorologiques dantesques, espérer faire vraiment mieux que sa 24eme place finale.

 

Globalement, on a vu une course plaisante avec beaucoup de mouvements même si les attaques n’étaient pas assez franches pour pouvoir faire la différence. En fait, c’est souvent le cas dans les courses féminines : soit les participantes ne roulent pas et le peloton reste groupé, soit lorsqu’elles veulent attaquer, leurs offensives ne sont pas assez nettes pour faire la différence. L’écrémage se fait donc juste par l’arrière. Et les conditions climatiques n’ont fait qu’accentuer ce phénomène. La pluie semblait vraiment cinglante. Les épreuves de tir à l’arc et de tennis ont d’ailleurs été interrompues en raison de ce temps calamiteux, ce qui n’est malheureusement pas possible avec le vélo.

 

Dès l’arrivée sur le circuit final, on a pu voir les Russes à l’offensive avec Natalia Boyarskaya. Déjà, peu de temps avant, Alexandra Burchenkova avait pris la poudre d’escampette durant quelques kilomètres. Cette course d’usure des Russes en faveur de Yulia Martisova a montré que, même avec seulement trois coureuses, il y avait la possibilité de courir en équipe. Chose que n’ont pas su faire les Françaises que l’on a jamais vu toutes ensembles dans le peloton à l’inverse des Américaines, des Italiennes ou des Allemandes qui ont semblé soudées. Cette science de la course en équipe a manqué aux Françaises. En même temps, cela n’est pas facile quand on sait que Jeannie Longo-Ciprelli avait effectué sa préparation olympique de son côté, avait loué sa propre chambre d’hôtel…

 

La seule attaque tranchante est venue de Tatiana Guderzo qui est sortie du peloton de façon très intelligente, à une dizaine de kilomètres de l’arrivée, alors que beaucoup d’adversaires étaient proches de la rupture suite à une longue accélération de Jeannie Longo. L’Italienne a ensuite basculé seule dans la descente avant d’être rejointe par quatre filles dont l’une des favorites, la Britannique Nicole Cooke. Ces dernières ont profité de la fatigue générale de leurs adversaires pour décamper et sans doute que l’on s’est un peu trop regardé à ce moment-là dans le peloton. Toujours est-il que l’Allemande Judith Arndt s’est retrouvée bien seule à travailler en tête du peloton pour revenir sur le groupe des cinq. D’ailleurs, la Néerlandaise Marianne Vos, qui a gagné le sprint du peloton pour la sixième place, doit encore regretter de ne pas avoir eu d’équipières dans le groupe de tête.

 

Du côté de la performance des Françaises, on peut être légèrement déçu. On savait Jeannie Longo peu à l’aise sous la pluie et elle nous l’a montré une nouvelle fois. Elle a couru en tête du peloton puis deux mètres derrière le peloton pour éviter les chutes, ce qui lui a fait perdre beaucoup d’énergie. Elle partait donc quasiment perdante. Au contraire, Maryline Salvetat et Christel Ferrier-Bruneau ont souvent été aperçues dans les 10 premières positions. Malgré la présence des trois tricolores dans le groupe de tête, aucune d’elle n’a pu prendre part à la bonne échappée. Au final, Christel Ferrier-Bruneau et Maryline Salvetat ont respectivement pris les 13eme et 14eme places, ce qui correspond assez bien aux valeurs des Françaises sur la scène internationale.

 

Pour le contre-la-montre mercredi, mon favori est le Suisse Fabian Cancellara chez les hommes et je pense que la victoire chez les femmes se jouera entre Marianne Vos, Judith Arndt et l’Américaine Kristin Armstrong, que l’on a vu en difficulté aujourd’hui, tout comme la championne olympique d’Athènes, l’Australienne Sara Carrigan. Pour revenir au peloton masculin, l’Américain David Zabriskie ne semble pas au mieux pour pouvoir prétendre au podium olympique. Par contre, l’Allemand Stefan Schumacher a toutes les chances de monter sur le podium mais il n’inquiètera pas, à mon avis, le double champion du monde. Enfin, le Colombien Santiago Botero peut créer la « surprise » (malheureusement) tandis que Cadel Evans ou Denis Menchov seront à surveiller.

22:55 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

09.08.2008

SANCHEZ ETAIT UN VRAI CLIENT !

L'Espagnol Samuel Sanchez vient de remporter le titre olympique en dominant un petit groupe d'échappés. L'Italien Davide Rebellin et le Suisse Fabian Cancellara complètent le podium. Retour sur une course passionnante.

 

Comme on pouvait le prévoir, deux coureurs quasi inconnus ont obtenu un bon de sortie dès le départ. De toute manière, ces coureurs là n’étaient même pas pris en compte par le peloton. La preuve, le peloton leur a laissé plus de 14 minutes d’avance et les deux hommes ont fini par céder d’eux-mêmes. Néanmoins, le Bolivien et le Chilien ont pu mener la course durant quelque temps et ainsi porter haut les couleurs de leur pays. C’est aussi ça les Jeux.

 

Par contre, quand le groupe de 25 est parti, on a vu des coureurs comme Paolo Bettini être beaucoup moins sereins au sein du peloton. Il faut dire que la course des Jeux Olympiques est particulière puisqu’il n’y a que 5 coureurs au maximum par équipe. Les grandes équipes peuvent donc moins facilement avoir la main mise sur la course. En plus, il y avait des « clients » à l’avant comme Kreuziger, Sastre, Kirchen, Bruseghin ou Voigt. La présence de ce dernier dans le bon coup pouvait laisser espérer une issue favorable aux fuyards car l’on sait que les échappées auxquelles il participe vont souvent assez loin.

 

On a également pu voir dans ce groupe, des nations moins connues mais présentes en nombre comme les Croates ou les Tchèques. Malheureusement, une mésentente en tête de course a fait que l’Italien Vincenzo Nibali aidé par les Américains et les Russes, deux nations non représentées à l’avant, ont réussi à faire revenir assez facilement le peloton sur le groupe d’échappés. Le groupe de tête était, à mon avis, un petit peu trop consistant pour que l’entente soit parfaite. Ainsi, on a notamment vu l’Australien Simon Gerrans un peu fébrile ou encore le Belge Jurgen Van den Broeck et le Brésilien Murilo Fischer pester contre les autres pour obtenir des relais. C’est dommage car les 25 hommes avaient pris 5 minutes de marge sur le peloton et que ce genre d’échappée est très dangereuse sur ce type de circuit. La course aurait donc pu basculer.

 

Après, sur le fait que les Italiens se soient mis à rouler derrière Bruseghin, je pense que c’était normal. Les consignes de course étaient sans doute accès sur Bettini et Rebellin ; bien qu’étant de très bons coureurs, Pellizotti, Nibali et Bruseghin avaient clairement un rôle d’équipier. Mais ce n’est pas toujours évident d’articuler 5 coureurs autour d’un ou deux leaders. D’ailleurs, j’ai trouvé les Espagnols meilleurs à ce jeu là. Alberto Contador et Carlos Sastre, les deux derniers vainqueurs du Tour de France (!), n’ont ainsi pas hésité à se mettre au service d’Oscar Freire, de Samuel Sanchez et d’Alejandro Valverde. Et ils ont été récompensés par la victoire de celui que l’on attendait pas forcément, Sanchez. D’ailleurs, on a bien vu que Bettini était mécontent en passant la ligne d’arrivée. On peut donc imaginer que  Rebellin n’a peut-être pas assez joué, au goût du champion du monde,  le jeu d’équipe dans le final en roulant avec Sanchez et Andy Schleck. Cela coûte peut-être la médaille d’or à l’Italie mais ça, on ne le saura jamais…

 

A entendre certains commentateurs, on aurait crû que le septième du dernier Tour de France était un véritable vainqueur surprise. Mais Sanchez était pour moi un vrai client, dès le départ ! Si mes souvenirs sont bons, en 2006, l’Espagnol a failli devenir champion du monde. Il était sorti dans le final avec un petit groupe et n’était pas passé loin de la consécration. Après, c’est sûr que l’on s’attendait plus à ce que Rebellin domine ce dernier petit groupe de 6 unités. L’Italien est en effet un habitué de ce genre de configuration. Mais l’arrivée n’était peut-être pas encore assez dure pour lui. En tout cas, le parcours, même s’il ne semblait pas trop difficile, a vraiment fini par fatiguer les organismes puisque la victoire s’est jouée avec un groupe restreint de coureurs. Ensuite, il ne faut pas oublier que la chaleur et surtout l’important taux d’humidité ont également joué un rôle considérable sur le déroulement de l’épreuve.

 

Du côté des Français, on a vu Rémi Pauriol dans la bonne échappée, ce qui a prouvé que le clan tricolore était vigilant contrairement à d’autres nations (USA, Russie…) qui se sont faites piéger. En plus, la nouvelle recrue de l’équipe Cofidis a mis un point d’honneur à terminer la course (31eme). Je pense que l’on pourra compter sur lui dans les années à venir. Il a l’air vraiment costaud. En ce qui concerne Jérôme Pineau, il est présent à sa place et il a fait ce qu’on lui avait demandé, c’est-à-dire suivre les meilleurs le plus longtemps possible. Pour le moment, en France, nous n’avons pas de spécialistes de ce type de courses. On peut toujours espérer faire un podium mais nous n’avons pas de Bettini ou de Valverde dans le peloton tricolore. Aucun coureur Français n’est capable de tenir la distance et d’avoir une bonne pointe de vitesse. Jérôme Pineau est un excellent coureur, que l’on a pu voir à son aise lors des classiques printanières, mais on sait que pour la gagne, ça va être un peu plus difficile pour lui. Ainsi, notre sélection tricolore comptait des coureurs capables de se glisser dans les coups mais pas de disputer la victoire au sprint.

 

Demain, ce sera au tour des femmes et je pense que Jeannie Longo, malgré son « grand » âge, aura ses chances. En effet, j’ai suivi sa préparation et celle-ci me semble être des plus pointue. Elle a notamment effectué pas mal de stages en altitude, qui sont un type de préparation excellent pour les Jeux Olympiques. Après, le niveau est très relevé et il faudra surveiller la Britannique Nicole Cooke, les Allemandes avec Judith Arndt ou encore les Italiennes qui savent bien courir. Mais bon, les équipes ne comptent que trois filles au maximum et il sera donc difficile pour l’une d’entre elles de cadenasser la course.

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08.08.2008

FRANCK PERQUE, NOTRE CONSULTANT POUR LES JO

Retrouvez dès demain l'analyse technique de Franck Perque à l'issue de la course en ligne des Jeux Olympiques de Pékin.

Franck Perque est un ancien coureur cycliste professionnel. Champion du monde de l'Américaine en 2002 (avec Jérôme Neuville) et de la course aux points en 2004, l'Amiénois a participé aux Jeux Olympiques d'Athènes où il a pris la 10eme place de la course aux points. Même s'il a brillé sur la piste, l'ancien cycliste de la Française des Jeux a également gagné quelques courses sur route telles que Paris-Tours Espoirs (1996), une étape du Tour de Normandie (1998) et le classement général de la Ronde de l'Oise. Il sera notre consultant tout au long de cette quinzaine olympique.

13:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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